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Shun’ichirô Hisada « Sur la vague des souffles »

Réalisé par Philippe Alen suite au concert de Doneda & Chiesa avec Shunichirô Hisada le 31 janvier 2026 [voir notre article]



Venant du monde du théâtre Nô, que signifie une telle collaboration avec Michel Doneda ? De quel ordre était votre attente, votre désir ?

Après une longue pratique du kotsudzumi dans le théâtre-musique, le « monde » du nô, j’étais désireux de créer un nouveau monde de son en faisant valoir la sonorité du kotsudzumi, sa profonde expressivité et sa puissance sonore ; je cherchais à rencontrer des musiciens collaborateurs… Alors j’ai rencontré, il y a 30 ans, le bassiste japonais Saitô Tetsu, puis Michel Doneda et Lê Quan Ninh ! Ainsi, la porte du nouveau monde sonore, mon rêve, s’est ouverte.

À la différence de la musique de Nô ou de la musique classique occidentale, dans ce nouveau monde de son, on ne part pas de la partition, mais de rien que l’espace où on est, en sentant le souffle de l’un et de l’autre, et l’atmosphère, en ressentant les pensées, les prières de l’un l’autre ; de là jaillissent en ébullition, se forment, se créent des sons et des résonances… J’ai connu, donc, la joie et le plaisir de cette création sonore : Improvisation.

À quel endroit, avec qui, dans quelle saison, à quelle heure, quelle audience, quels animaux autour ?… Dépendant de tous ces éléments, apparaissent des mondes différents. Il en va de même pour l’exécution de la musique du Nô ou de la musique classique occidentale écrites, mais dans le cas d’Improvisation, l’amplitude de cette différence est décidément plus grande.

Ces dernières années, j’ai lié connaissance avec Sebastian Gramss et de nombreux autres musiciens. Mais de tous ces collaborateurs de Musique Improvisée, je trouve Michel le meilleur pour mon Monde ; j’ai le sentiment que avec Lui, dans la concentration tout tendue et dans la plénitude de mon contentement et de mon bonheur, on devient capable d’agrandir, sans fin et avec quel plaisir ! le Monde sonore, résonnant de l’un et de l’autre.

J’attendais avec un si grand plaisir l’occasion de revoir Michel en France dans la tournée de cette fois-ci ; jouer avec Lui quatre fois, cela a été Mon plaisir et bonheur que rien d’autre ne pourrait égaler. Un grand merci !

Photo: Eric Dierstein
Photo: Eric Dierstein

Comment a-t-il vécu ce trio avec David, cette soirée de Ligueux ?

Je remercie David Chiesa pour ses soins très sincères.

Je garde un très bon souvenir de sa maison et du lieu de notre concert, bien agréables, qui étaient en parfaite harmonie avec la nature et le paysage de Ligueux. Cette soirée-là d’un beau clair de lune, le monde remplissant la salle, tout était aimable ; j’ai pu jouer très agréablement.

J’ai joué avec Michel que je retrouvais enfin après un intervalle de plus de dix ans, plein de la joie de ressentir, de reconnaître son jeu, sa présence, son être, ce qui devait être pareil pour lui, j’en étais convaincu.

Le jeu de David que j’avais rencontré pour la première fois, était si tendrement chaud (あたたかいatatakaï/warm), comme le sol de Ligueux, si puissant, si ample que je m’en sentais enveloppé ; je m’y confiais, corps et âme, comme si je me laissais emporter par les vagues qui tendrement déferlaient, et c’était ainsi qu’avec Michel je me concentrais sur ses vagues de souffles, aiguisées et raffinées, tantôt forte, tantôt piano

Merci beaucoup.

Le 2 mars 2026

久田 舜一郎 Hisada Shun’ichirô

Traduction : Naoki Kobayashi

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Jazz actu·ELLES saison #2
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