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L’AJMI dévoile sa Saison #2

Voici en avant-première le programme de la saison à venir du club de jazz d’Avignon, l’AJMI, qui nous a été révélé en conférence de presse lundi 27 février par son directeur Julien Tamisier assisté de Mathilda Muzzupapa chargée de communication et Quentin Lorenzini chargé de production . Commencé jeudi 23 février avec « Les Métanuits » du pianiste Roberto Negro et du saxophoniste Emile Parisien (un concert vraiment mémorable), les suivants  à venir sont tous plus alléchants les uns que les autres. “Le meilleur moyen d’écouter du jazz c’est d’en voir”, la devise du club, pourrait se dire autrement, à savoir “La meilleure façon d’écouter du jazz c’est d’être curieux” et d’ouvrir grand ses oreilles sans à priori. Et je suis certaine que le menu plaira au plus grand nombre. Profitons en car dès la saison prochaine, en raison des contraintes liées aux économies d’énergie, il y a aura sans doute moins de concerts que cette année.

Jeudi 2 mars, ça continue très fort avec « L’Étoffe des Rêves » (Jean Charles Richard au saxophone soprano, Claudia Solal au chant et Marc Copland au piano) dont le disque enregistré à la Buissonne est  sorti sur ECM au printemps dernier avec Vincent Segal au violoncelle. Connaissant le parcours respectif très riche des trois protagonistes qui nous joueront une musique planante, douce et poétique, cela devrait plaire au public de l’Ajmi,

Samedi 4 mars, concert gratuit à 17hs de sortie de résidence de The Archetypal Syndicate qui s’était produit à l’Ajmi en avril dernier dans le cadre du festival Le Son des Peuples. Cette fois ci, le travail sera beaucoup plus acoustique et surtout y seront associés des jeunes venant de plusieurs associations socioculturelles telles que Cultures du Cœur, Rosmerta et Un Sourire pour Tous qui favorisent l’accès à la culture de mineurs souvent isolés. Dix-sept jeunes devraient pouvoir s’y exprimer avec The Archetypal Syndicate. Un projet plutôt excitant !

Jeudi 9 mars, ce sera « Players » joué par Julien Soro au saxophone ténor et claviers, Stephan Caracci au vibraphone et Ariel Tessier à la batterie.   Le disque va sortir en mars sur le label allemand Neuklang. Inspirés par The Bad Plus, Happy Apple ou John Hollenbeck avec des timbres à la Tom Waits, ce devrait être la belle découverte d’un nouvel univers amené par ces trois musiciens qui jouent ensemble depuis une dizaine d’années!

Julien Soro

Jeudi 23 mars, le trompettiste Fabrice Martinez que nous connaissons bien à l’Ajmi va venir avec une équipe qui vient du Sénégal pour convoquer les esprits et en particulier celui de Stevie Wonder puisque le projet s’intitule « Stev’in my Mind ». Il devrait être entouré de Raymond Doumbé à la basse, Julien Lacharme à la guitare, Bettina Kee aux claviers et Romaric N’zaou à la batterie. Le quintet ne s’approprie pas vraiment les thèmes de Stevie Wonder mais plutôt son groove dans un contexte qui ne pourra s’écouter que sur place, car aucun disque pour l’instant. Chaude soirée en perspective !

Jeudi 30 mars, place aux musiciens de Place Miollis, menés par le pianiste Sébastien Lalisse que nous connaissons bien aussi et dont le jeu aéré laisse beaucoup de places à ses acolytes qui sont le saxophoniste François Cordas, le contrebassiste Pierre Fenichel et le batteur marseillais Fred Pasqua que nous accueillons pour la première fois ici. Ils revisitent leur répertoire travaillé avant le confinement et ce concert devrait donner lieu à un enregistrement Ajmilive.

Jeudi 6 avril ce sera aussi un très beau projet qui nous sera présenté par le saxophoniste et clarinettiste Matthieu Donarier avec la pianiste Eve Risser et Karsten Hochapfel au violoncelle (membre de l’Archetypal Syndicate en tant également que guitariste). Il s’agit de « Bestiaire #01/Explorations ». On peut avoir déjà une idée de leur travail sur internet car un disque est sorti l’automne dernier en quartet avec le percussionniste Toma Gouband qui travaille avec des pierres. Et ce sera un beau voyage dans la nature immense et l’organique qui nous entourent et nous font nous sentir tout petit et bien fragile face à cette immensité.

Eve Risser

Devait ensuite s’inscrire dans l’agenda la quatrième édition du Festival Le Son des Peuples dont le guitariste Pascal Charrier est à la tête avec Naino Production et qui se fait en partenariat avec l’Ajmi. Hélas, le manque de moyens financiers va réduire la voilure cette année à deux soirées avec d’abord celle du jeudi 13 avril qui aura lieu sous forme de jam à 20h30 menée par le guitariste au Fenouil à Vapeur, cantine solidaire elle aussi est en difficulté. La soirée s’ouvrira avec l’Orchestre de l’Arbre, orchestre  de création intergénérationnel participatif qui comprend dix-sept musiciens et va restituer tout le travail fait le long de l’année sur Apt et Avignon, dans un endroit moins formel que celui de l’Ajmi.

Pascal Charrier

Le lendemain vendredi 14 avril, nous nous déplacerons cette fois à La Gare de Coustellet où se produiront deux groupes également dans le cadre du festival: YOU d’abord, trio repéré par le dispositif Jazz Migration (avec la batteuse Héloise Divilly, la chanteuse Linda Olah et le guitariste Guillaume Magne). Une revisite des musiques traditionnelles irlandaises et réunionnaises avec le peps incroyable de ces trois musiciens. Puis place au Home Trio, projet du batteur Bruno Bertrand, du guitariste Rémi Charmasson et du contrebassiste Lilian Bencini élaboré pendant le confinement et qui invitent le saxophoniste Maxime Atger. Cela promet d’être une très belle soirée !

Remy Charmasson

A ces deux soirées va s’accrocher celle du samedi 15 avril qui fait partie du festival Festo Pitcho, spectacle tout public à l’Ajmi à 17hs. Il s’agit de « Griff et les Fabuloptères » qui est en pleine création actuellement avec la dessinatrice Susanna Del qui dessinera en direct sur rétroprojecteur avec l’illustration sonore de Léa Lachat sur l’histoire d’un chat observant les insectes sur les toits. De la poésie en direct qui clôturera ces trois jours. Et si tout se passe pour le mieux, le festival Le Son des Peuples pourrait nous proposer d’autres concerts à l’automne.

Le jeudi 4 mai s’inscrit dans la semaine des cuivres au Conservatoire de musique d’Avignon et le tromboniste Nicolas Grymonprez sera donc accueilli à l’Ajmi à cette occasion avec son Grym’sJazz Trombone Project et sa création « Can’t wait » dont la disparition de Manu Dibongo est à l’origine. Ce sera un concert plus traditionnel avec de beaux standards mais aussi quelques nouveautés, dont le disque est sorti en mai 2022 sur Inouie distribution avec Jacinto Carbajal à la contrebasse, Sébastien Dewaele à  la batterie et Frédéric Volanti au piano.

Vendredi 5 mai, excusez du peu, place au  quartet du guitariste montpelliérain Patrice Soletti qui amène son projet « Delta(s) ». Accompagné de la voix de  Pierre Soletti, du batteur Jordi Pallares, de la voix, danse et violoncelle de Sandra Artigas, Patrice Soletti a également conçu un court-métrage qui sera projeté au cinéma Utopia. C’est l’histoire de son oncle fuyant Franco arrivant dans le delta du Rhône, qui décide de retrouver ses racines, avec l’intégration d’artistes catalans, chanteurs et vidéastes. Belle création en perspective.

Écoutez notre interview de Patrice Soletti

Après une petite pause liée aux ponts mais aussi à la présence habituelle de Jazz in Arles qui n’aura hélas plus lieu à mon grand désespoir, la saison continue le jeudi 25 mai avec le groupe Why Patterns ? ( ex Fantôme) qui n’avait pas pu jouer deux fois de suite à l’Ajmi en raison du Covid. C’est un projet du pianiste Alexandre du Closel appelé « Music For », assisté des deux saxophonistes Morgane Carnet et Theo Nguyen Duc Long avec Luca Ventimiglia aux séquenceurs et électroniques. Le groupe met en lumière deux compositrices américaines de musique électronique Suzanne Ciani et Laurie Spiegel plutôt méconnues ici avec une revisite sans doute plus acoustique qui va être des plus intéressantes.

Jeudi 1° juin, pour la première fois à l’Ajmi, arrive le groupe franco-polonais Lumpeks, parrainé par Jazzdor de Strasbourg. Créé à l’initiative du contrebassiste Sébastien Beliah et réunissant autour de lui deux musiciens issus des meilleurs orchestres de jazz français (Louis Laurain à la trompette et Pierre Borel au saxophone) et la très talentueuse chanteuse et percussionniste polonaise Olga Kozieł, ce quartet  nous jouera un sublime mélange entre le jazz et les musiques traditionnelles de Pologne. Un disque est sorti en octobre 2020 sur le label Umlaut Records

Vendredi 9 juin, place au collectif de musiciens La Discrète dont l’Ajmi est partenaire. Nous connaissons déjà bien Nicolas Bayard qui en fait partie puisqu’il nous fait le son à l’Ajmi et travaille également au studio de La Buissonne. L’association organise des événements, concerts chez l’habitant ou en collaboration avec d’autres structures, des moments intimistes et conviviaux, où publics et artistes se rencontrent. Le programme n’est encore pas défini mais s’inscrira bien dans l’esprit de l’Ajmi.

La saison se clôturera dans un autre lieu, la bibliothèque Ceccano en intérieur ou extérieur, sous forme de deux midi-sandwich à 12h30. Ce sera d’abord le solo de chant et contrebasse de Julia Robin le vendredi 16 juin intitulé « Joni’Map » qui rend hommage à la chanteuse canadienne Joni Mitchell. C’est une proposition très touchante qui devrait beaucoup plaire à un large public.

Vendredi 30 juin, second midi-sandwich avec Mamie Jotax, duosélectionné par le dernier Jazz Migration. Un duo explosif constitué des deux saxophonistes Camille Maussion (que nous avons déjà entendue dans le quartet Nefertiti avec en particulier la pianiste Delphine Deau) et Carmen Lefrançois qui rajoutent flûte et voix dans leur imagination créative délirante. Une belle conclusion à une saison très dense qui personnellement me ravit à l’avance.

Mamie Jotax

A côté des concerts, n’oublions pas les jams en partenariat avec le Conservatoire de Musique d’Avignon, qui sont mensuelles avec un maître de cérémonie différent chaque fois.

Sans compter les conférences de Jean-Paul Ricard assisté de Bruno Levée à partir de vinyls originaux et précieux et qui s’intéressent cette année à des musicien(ne)s moins connus méritant d’être (re)découvert(e)s.

Il y a enfin les actions pédagogiques en cours avec les ateliers EAC (Education artistique et Culturelle) du contrebassiste Guillaume Séguron qui intervient au Collège Joseph Vernet dans une classe CHAM au planning en lien avec le Conservatoire et fait travailler les élèves sur l’improvisation en détournant des partitions. Leur travail devrait faire l’objet d’une restitution à l’Ajmi.

L’Ajmi a aussi répondu à un projet de la SACEM appelé Les Fabriques à Musique, dispositif mettant en relation un ou deux artistes avec des enfants de primaire ou du collège. Cette année, l’Ajmi travaille avec la harpiste Mathilde Giraud et la chanteuse Fiona Ait-Bounou qui y donne des ateliers de chant. Une présentation de leur travail aura également lieu.

Enfin l’Ajmi réfléchit pour l’an prochain à des interventions au Centre pénitentiaire du Pontet avec le guitariste Pascal Charrier.

Nous ne pouvons que féliciter toute l’équipe de l’Ajmi pour ce travail considérable. Bravo à tous et longue vie au club !

Florence Ducommun

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