Exit New-York : direction Chicago (la rencontre avec Nicole Mitchell y est sans doute pour beaucoup). Plus que d’ordinaire avec l’altiste allemande, l’énergie est là : brute et libérée. Les deux saxophonistes (Angelika Niescier et Dave Rempis) jumellent leurs particularités (jeu cassant pour l’une, phrasé en continu pour l’autre) sans obscurcir leur péché mignon, lequel se nomme convulsion(s). Ainsi réunis, ils invitent Nicole Mitchell à rejoindre leurs débondements, cette dernière ne se faisant pas prier pour faire rugir des envolées à forte teneur sismographique. Mais ce qui caractérise nos trois amis c’est leur joie d’entremêler-entrechoquer leurs élans.
Ainsi écrit, reste-t-il encore de la place pour les autres partenaires ? Le batteur Mike Reed toujours en mouvement exerce sa polyrythmie avec aisance, assiduité et gourmandise. Le contrebassiste Luke Stewart sait investir chaque espace libre avec vélocité et clarté du jeu. Reste Jason Adasiewicz, absent de certaines plages, et dont on doit admettre que la timidité n’est pas toujours bonne conseillère.
Les compositions de la saxophoniste sont conformes à ce que l’on attend d’elle : évidentes et rejetant les complexités pour d’autres aventures. Avec ses Chicago Tapes Angelika s’affirme comme une saxophoniste à l’avenir radieux.
Luc BOUQUET














