Trio à la gravité assumée, GrAaX avance comme une bête étrange et fascinante, un pachyderme sonore dont chaque pas résonne dans les profondeurs. Avec Fabien Duscombs à la batterie, Frédéric Gastard au saxophone basse et Colin Jore à la contrebasse, la formation explore une matière dense, où les fréquences graves deviennent un terrain de jeu autant qu’un manifeste esthétique.
L’album déploie une musique à la fois écrite et furieusement vivante, où la sophistication des compositions se frotte à une énergie presque rock. Les lignes se croisent, s’enchevêtrent, grondent, puis soudain s’éclaircissent : un éclat dans l’aigu, une respiration inattendue, comme une percée de lumière au milieu d’un paysage minéral.
GrAaX ne se contente pas d’impressionner par sa puissance tellurique, le trio sait aussi suspendre le temps, laisser affleurer une forme de tendresse, un regard posé sur le monde avec curiosité — ou le secouer avec une vigueur salutaire. Entre jazz atmosphérique, improvisation libre et pulsations organiques, ces trois musiciens forgent un langage singulier, profondément ancré dans le collectif, pour un disque qui vibre, gronde et respire.














