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La cartographie musicale de Sons d’Hiver

À travers une série d’entretiens en immersion chez Sons d’Hiver, Yann Causse propose bien plus qu’une simple présentation de l’édition 2026 : il en offre une lecture incarnée, au croisement des intentions artistiques et des trajectoires individuelles.

En donnant d’abord la parole à Fabien Simon, directeur et programmateur du festival, le reportage éclaire la cohérence d’une programmation qui, pour cette 35e édition, dessine une véritable « cartographie musicale » ouverte, où se mêlent traditions, expérimentations et circulations culturelles . Cette vision se prolonge et se nuance à travers les échanges avec les artistes invités.

Les entretiens avec Don Moye et James Brandon Lewis mettent en lumière l’ancrage du festival dans l’histoire du jazz afro-américain et ses prolongements contemporains, entre héritage et réinvention. À leurs côtés, Keyvan Chemirani et Majid Bekkas incarnent l’ouverture vers des traditions musicales extra-occidentales, révélant les logiques de métissage et de dialogue qui traversent la programmation. Enfin, Benjamin Moussay apporte un regard sensible sur les circulations entre écriture, improvisation et création contemporaine.

En croisant ces points de vue, le reportage de Yann Causse restitue l’esprit de l’édition 2026 : un festival pensé comme un espace de rencontres, où les esthétiques dialoguent et où chaque projet artistique participe d’une vision globale, dynamique et profondément ouverte des musiques d’aujourd’hui.


Fabien Simon, une esthétique du passage

Le portrait d’un programmateur pour qui la musique s’inscrit avant tout dans un flux continu d’écoutes, de rencontres et de transformations. Reprendre un festival déjà solidement ancré implique pour lui une forme de fidélité à son histoire autant qu’une capacité à en infléchir les contours. Loin de toute rupture, il revendique une continuité habitée, nourrie par une connaissance intime du projet, tout en assumant un élargissement progressif des esthétiques et un renouvellement des artistes invités.

Sa vision repose sur une conviction forte : la vitalité de la musique contemporaine réside dans les croisements, les dialogues entre cultures et traditions. Cette idée de rencontre, presque utopique, irrigue toute sa programmation. Elle se construit dans le temps long, à rebours des logiques d’immédiateté, par une fréquentation assidue des concerts et une attention patiente aux artistes. Le positionnement du festival en début d’année lui offre d’ailleurs une liberté précieuse, celle de concevoir des projets sans dépendre des tournées existantes, dans une véritable logique de création.

Au cœur de ce travail, le lien humain est essentiel. La confiance tissée avec les musiciens permet d’accompagner l’émergence de nouvelles figures, notamment sur la scène américaine, tout en restant fidèle à l’identité historique du festival. Refusant les catégories simplificatrices, Simon privilégie les artistes capables de faire dialoguer héritage et expérimentation, dans une approche qui dépasse les frontières esthétiques et géographiques.


Don Moye et Dudù Kouaté « feeling first »


James Brandon Lewis, l’incandescence tranquille

Entrevue avant un concert d’une intensité rare, d’une complicité de tous les instants qui fut un très grand moment de musique, de communion. Le quartet, ancré et ouvert, semble un résumé de l’histoire récente du jazz. Une incandescence tranquille.

Un grand merci à Damien Besançon qui assuré de main de maitre la traduction à la volée de JBL


Keyvan Chemirani et Benjamin Moussay sur les routes de la soie


Majid Bekkas « just play and never stop »


Interviews, Yann Causse
Photos, Margaux Rodrigues
Traduction de JBL, Damien Besançon

Remerciements à Armelle et Fabien de Sons d’Hiver

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